[ * ] Avis aux allergiques du grec ancien, aux Latinopessimistes, aux désabusés de l'honorable philologie et autes éthymolophobes, il vous est conseillé de passer outre l'introduction à cet article (milles excuses, je ne l'avais pré dite) sous peine, j'imagine, d'un ennui et d'une lassitude profonds et incommensurables. Pour ceux-là (et d'autres d'ailleurs : ) vous pouvez si vous le souhaitez reprendre la lecture à partir de la petite flèche bleu, ce sera moins risqué. [ * ]
Parlons peu, parlons sérieux, donc. J'ai eu cette envie - et une fois encore, excusez m'en (et non je ne vous prirai pas de le faire, je vous vois venir d'ici tous les deux .. voire tous les trois) - , j'ai eu cette envie donc en écrivant cet article - ce genre d'envies qui peuvent être dangeureuses, parfois, si l'on y prend pas garde, ou plus exactement si on y prend garde, justement [ j'ai cet espoir, en relisant celle-ci, que d'autres comprendront la phrase qui précède : ) ] -, cette envie donc de savoir au moins une fois de quoi je causais, un peu. C'est une des choses folles qui m'est apparue quand j'ai commencé à prendre un crayon et à écrire sur du papier, à lire et à analyser ce bon vieux Bonny dans un second temps, les mots sont incommensurablement [ comme votre ennui en parcourant ces lignes, vous vous en souvenez ? : ) ] plus profonds et plus riches que ce que l'on peut penser au quotidient. C'est diablement fou le nombre de mots qu'il faudrait associer pour tenter d'approcher (sans grand succès, sans doute) le coeur d'un de ses semblables. Vous me rétorquez légitimement que les mots ne s'expliquent pas mais qu'ils se ressentent, et je vous répondrai que oui, on parle comme l'on marche, sans trop y penser, sans trop y réfléchir, et que c'est, d'ailleurs, sans doute aucun, tant mieux.
Mais écrire vous savez, c'est tellement plus que parler.
Ce simple mot donc, " nostalgie ", ce simple mot qu'il m'a semblé tant de fois ressentir. Ecrivez-le chers amis, prenez une plume et formez les neufs lettres dont il est composé (ou plutôt qui le composent ?). Et peut-être alors ressentirez-vous comme moi ce sentiment de quasi- ignorance de la NOSTALGIE. Croaynt l'avoir connu tant de fois, peut-être comme moi sauez-vous à quel poitn vous ne savez pas, peut-être. Et peut-être aurez-vous comme moi (excusez cet égocentrisme répétitif) ce désir là d'explorer, de chercher au moins un peu de ce qu'il est, pour mieux savoir ce que celà est. [ et moi qui me revendique si souvent des sens ... ces envies là sont vraiment folles ... ].
Le terme "nostalgie", à son origine terme de médecine, donc, deux siècles et demi (à quelques variations près) avant que nous ne sortions du vagin de nos maman. Caractérisait " la maladie du dépaysement, cet état de langueur excessive" poussant parfois à la pathologie.
" When, sick for home, she stood in tears amid the alien corn "
Un vers de Keats, réveillé par YvesBonnefoy ( c'est fou celà, comme tout me mène à lui ... ), et qui en dit bien plus que de longs discours.
Du grec nostos [ retour ] associé au suffixe algie, [ douleur ]. Suffixe au combien adéquat il me semble, tant il caractérise en termes médicaux une douleur sans lésion, soit sans blessure visible. Et ne ressentons-nous pas cette souffrance sans trace lorsque l'on est touché de nostalgie ? Cette douleur toujours plus profonde dès lors qu'elle n'est l'ffet d'acun coup matérialisable, identifiable ?
Nostalgie donc, retour, regard vers le passé, douloureux mais à la fois remplissant nos yeux de tant d'étoiles, me semble t-il. Un de ces très jolis mots de la langue française en tout cas :) . J'ai soif d'en connaitre d'autres de son ampleur.
Pour en finir sur la petite parenthèse, quelques esquisses remarquables de divers peintres croisées ci- et là ...
" Il y a certains moments que nous avons endurés dans la douleur mais auxquels ils nous arrive de penser, plus tard, longtemps plus tard, ave une sorte de tendresse et même de nostalgie ".
Duham. , Pesée des âmes.
" La nostalgie, c'est le désir d'on ne sait quoi... Il existe, l'objet du désir, mais il n'est point de mots pour le dire. "
Saint Exupéry, Terre des hommes
" [...] une nostalgie que rien ne peut assouvir parce qu'ell n'est, au fond, désir de rien. "
Sartre, Situations ( II )
---> Et pour inaugurer cette rubirque nostalgie, quoi de mieux que l'Apologie de ce que je n'ai même connu ? A l'heure de l'IPOD (nonobstant mon admiration pour ce petit bijou, que celà soit dit), à l'heure du téléchargement éclair, libéré, et donc inhéremment trop abondant, à l'heure de la mort annoncée de l'album musical et de leurs auteurs, à l'heure du succès - et je me passerai, par décence, d'adjectifs qualificatifs - des Ilona, papa pingouin, crazy frog, shy'm ou tonny parker, j'ai cette singulière envie - comme d'autres, et j'en ai la conviction, pas nécessairement plus que trentenaires - de parler du vieux, du faible et du vulnérable, de l'encombrant, de l'harrassé, de l'archaïque même disent certains, de l'honorable, donc, disque vinyle. [ soit à l'origine un corps contenant le radical CH(2) = CH -, pour nos chers amis scientifiques (ce n'est rien chers collègues, seulement une petite rechute : ) ]
Le vynile, donc, trente-trois ou quarante-cinq tours. Ces grands et vieux disques, ceux de nos parents. Ces disques tout de noir vêtus, avec leurs fines rainures circulaires. Ces disques aux deux faces, encore, qu'il faut sans cesse retourner, sans cesse changer, pas de chargeur trois vinyles :]. Ces disques que l'on ne peut mettre en pause [ : ) ], ces disques souvent gondolés par le temps et l'usage, ces disques qui ont vécus et qui ne cessent de faire s'élever et s'abaisser l'aiguille dans une danse irrégulière et amusante, selon leur histoire, leurs chuttes, leurs prêts à des mains peu soigneuses. Que dire aussi de leurs pochettes, tout de papier fragile, imprimées follement.
Non, on n'écoute pas, on entends pas, donc, un disque vinyle comme on entend un MP3, croyez moi.
[ Pour l'image, j'ai choisis quelques uns de ces vinyles que l'on ne peut pas ne pas avoir : ) ; merci à Mr W pour la retouche de l'image d'origine ]