[ Premier pas dans Nulle part ]

[ Premier pas dans Nulle part ]
Les premières fois, elles sont toujours difficiles, souvent douloureuses, parfois les meilleures. On pourrait aussi dire qu'elles sont toujours les meilleures, souvent douloureuses, et parfois difficiles. Ou [peut-être] même que les premières fois sont souvent difficiles, parfois douloureuses, toujours les meilleures ?

C'est fou, mais nos premières fois, ce sont juste nos premières fois. On s'en souvient, parfois, parfois on ne s'en souvient pas. La première fois que j'ai vu Mister J of F, la première fois que je me suis fait offrir une cigarette par X, dans cette charmante villa d'Antibes, la première fois que j'ai cueilli des petites fleurs jaunes, aussi.

Nos premières fois sont toujours belles, en tout cas.

Nos premières fois ne sont jamais trop tôt, mais nos premières fois ne sont jamais trop tard non plus.
Et si c'est trop tôt ou trop tard, c'est que le moment venu devait être trop tôt ou trop tard.

Alors, on le fait ce premier pas ?

# Posté le mercredi 04 avril 2007 13:02

Modifié le mardi 10 avril 2007 22:05

[ Une fleur, des fleurs : de la lumière ]

 [ Une fleur, des fleurs : de la lumière ]
" Quand j'étais enfant, la nuit était partout autour de moi, mais la noirceur du monde était parfois traversée par un rai de lumière; pour ne pas sombrer je m'y aggripais comme un fou. Je peux vous assurer qu'un pétale est assez solide pour empêcher quelqu'un de rouler au néant. "

C.B

Je crois que je commence à avoir ce même attrait pour les fleurs. Depuis lui (que je le dises une bonne fois pour toute, Lui, dans 95 % des situations, c'est Monsieur Christian Bobin) je ne les vois plus immobiles, muettes, mais je les entends chanter, je les vois danser au gré du vent, et si je vous dis tout celà ce n'est pas seulement pour cultiver mon côté poète, Mesdemoiselles, Mesdames, Messieurs. Non, je les sens vraiment maintenant, les fleurs. Il me tarde tant de pouvoir me lever chaque matin, d'en acheter une jolie douzaine à la fleuriste du quartier, et d'en décorer mon chez moi. C'est bizarre mais je ne pourrai(s) les cueillir moi-même ; je sais que ce ne serait pas pareil, j'aurais trop l'impression de les voler, je ne les apprécierais de la même façon.

Dans ce bouquet il y a deux fleurs jaunes. C'est ma M qui l'a fait, ce bouquet. Sans le savoir elle a placé deux fleurs jaunes au milieu des marguerite, comme pour les égailler toutes, comme pour les soutenir. Les fleurs jaunes sont mes préférées. Je vous ai déjà parlé de la première fois que j'ai cueilli des petites fleurs jaunes des près ? : )

# Posté le mercredi 04 avril 2007 16:54

Modifié le mardi 10 avril 2007 22:08

[ Pour bâtir un Nowhere meileur : ) ]

[  Pour bâtir un Nowhere meileur : )  ]
J'ai des envies de BRUT, en ce moment. De grands murs de BETON FROID, exempts de toutes ces humbles plaisanteries que l'on nomme peinture ou tapisserie. De la matière, DE L'EPAIS, pas de superflu ; des ANGLES SAILLANTSque l'on arrondit pas. C'est fou ça, cette manie humaine de tout aliéner . Un angle est droit, par nature ? On l'arrondit ! Une planche est-elle RUGUEUSE ? Qu'on la lisse, qu'on la vernisse ! Adieu naturel, on décore, puis pis encor on déguise. On couvre, puis on recouvre. La couche est idole, le dégradé est maître. On adouci, on modère, il faut ménager. La LUMIERE même n'y échappe : Abat-jour, sur-abat-jour, il ne faudrait pas que l'on s'abîme les yeux, surtout. Il ne faudrait pas que la lumière éclaire, surtout.

On en arrivera à force de déguisement à penser un chien un chat, puis même à les confondre. Les escaliers PLATS ne sont pas bien loin mes amis, réjouissons-nous !

Alors, armons nous de BRIQUE, KRAFT, PIERRE et autre SOPALIN, et à coup de gros scotch marron et de TRUELLE DE BETON, déconstruisons cette parodie de monde. Il faut tuer le déguisement, et laisser se rebâtir le VRAI, le BRUT.

# Posté le vendredi 06 avril 2007 12:12

Modifié le mardi 10 avril 2007 22:09

[ Nostalgie ]

[ Nostalgie ]
[ * ] Avis aux allergiques du grec ancien, aux Latinopessimistes, aux désabusés de l'honorable philologie et autes éthymolophobes, il vous est conseillé de passer outre l'introduction à cet article (milles excuses, je ne l'avais pré dite) sous peine, j'imagine, d'un ennui et d'une lassitude profonds et incommensurables. Pour ceux-là (et d'autres d'ailleurs : ) vous pouvez si vous le souhaitez reprendre la lecture à partir de la petite flèche bleu, ce sera moins risqué. [ * ]


Parlons peu, parlons sérieux, donc. J'ai eu cette envie - et une fois encore, excusez m'en (et non je ne vous prirai pas de le faire, je vous vois venir d'ici tous les deux .. voire tous les trois) - , j'ai eu cette envie donc en écrivant cet article - ce genre d'envies qui peuvent être dangeureuses, parfois, si l'on y prend pas garde, ou plus exactement si on y prend garde, justement [ j'ai cet espoir, en relisant celle-ci, que d'autres comprendront la phrase qui précède : ) ] -, cette envie donc de savoir au moins une fois de quoi je causais, un peu. C'est une des choses folles qui m'est apparue quand j'ai commencé à prendre un crayon et à écrire sur du papier, à lire et à analyser ce bon vieux Bonny dans un second temps, les mots sont incommensurablement [ comme votre ennui en parcourant ces lignes, vous vous en souvenez ? : ) ] plus profonds et plus riches que ce que l'on peut penser au quotidient. C'est diablement fou le nombre de mots qu'il faudrait associer pour tenter d'approcher (sans grand succès, sans doute) le coeur d'un de ses semblables. Vous me rétorquez légitimement que les mots ne s'expliquent pas mais qu'ils se ressentent, et je vous répondrai que oui, on parle comme l'on marche, sans trop y penser, sans trop y réfléchir, et que c'est, d'ailleurs, sans doute aucun, tant mieux.

Mais écrire vous savez, c'est tellement plus que parler.

Ce simple mot donc, " nostalgie ", ce simple mot qu'il m'a semblé tant de fois ressentir. Ecrivez-le chers amis, prenez une plume et formez les neufs lettres dont il est composé (ou plutôt qui le composent ?). Et peut-être alors ressentirez-vous comme moi ce sentiment de quasi- ignorance de la NOSTALGIE. Croaynt l'avoir connu tant de fois, peut-être comme moi sauez-vous à quel poitn vous ne savez pas, peut-être. Et peut-être aurez-vous comme moi (excusez cet égocentrisme répétitif) ce désir là d'explorer, de chercher au moins un peu de ce qu'il est, pour mieux savoir ce que celà est. [ et moi qui me revendique si souvent des sens ... ces envies là sont vraiment folles ... ].

Le terme "nostalgie", à son origine terme de médecine, donc, deux siècles et demi (à quelques variations près) avant que nous ne sortions du vagin de nos maman. Caractérisait " la maladie du dépaysement, cet état de langueur excessive" poussant parfois à la pathologie.

" When, sick for home, she stood in tears amid the alien corn "

Un vers de Keats, réveillé par YvesBonnefoy ( c'est fou celà, comme tout me mène à lui ... ), et qui en dit bien plus que de longs discours.

Du grec nostos [ retour ] associé au suffixe algie, [ douleur ]. Suffixe au combien adéquat il me semble, tant il caractérise en termes médicaux une douleur sans lésion, soit sans blessure visible. Et ne ressentons-nous pas cette souffrance sans trace lorsque l'on est touché de nostalgie ? Cette douleur toujours plus profonde dès lors qu'elle n'est l'ffet d'acun coup matérialisable, identifiable ?
Nostalgie donc, retour, regard vers le passé, douloureux mais à la fois remplissant nos yeux de tant d'étoiles, me semble t-il. Un de ces très jolis mots de la langue française en tout cas :) . J'ai soif d'en connaitre d'autres de son ampleur.

Pour en finir sur la petite parenthèse, quelques esquisses remarquables de divers peintres croisées ci- et là ...

" Il y a certains moments que nous avons endurés dans la douleur mais auxquels ils nous arrive de penser, plus tard, longtemps plus tard, ave une sorte de tendresse et même de nostalgie ".
Duham. , Pesée des âmes.

" La nostalgie, c'est le désir d'on ne sait quoi... Il existe, l'objet du désir, mais il n'est point de mots pour le dire. "
Saint Exupéry, Terre des hommes

" [...] une nostalgie que rien ne peut assouvir parce qu'ell n'est, au fond, désir de rien. "

Sartre, Situations ( II )


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Et pour inaugurer cette rubirque nostalgie, quoi de mieux que l'Apologie de ce que je n'ai même connu ? A l'heure de l'IPOD (nonobstant mon admiration pour ce petit bijou, que celà soit dit), à l'heure du téléchargement éclair, libéré, et donc inhéremment trop abondant, à l'heure de la mort annoncée de l'album musical et de leurs auteurs, à l'heure du succès - et je me passerai, par décence, d'adjectifs qualificatifs - des Ilona, papa pingouin, crazy frog, shy'm ou tonny parker, j'ai cette singulière envie - comme d'autres, et j'en ai la conviction, pas nécessairement plus que trentenaires - de parler du vieux, du faible et du vulnérable, de l'encombrant, de l'harrassé, de l'archaïque même disent certains, de l'honorable, donc, disque vinyle. [ soit à l'origine un corps contenant le radical CH(2) = CH -, pour nos chers amis scientifiques (ce n'est rien chers collègues, seulement une petite rechute : ) ]

Le vynile, donc, trente-trois ou quarante-cinq tours. Ces grands et vieux disques, ceux de nos parents. Ces disques tout de noir vêtus, avec leurs fines rainures circulaires. Ces disques aux deux faces, encore, qu'il faut sans cesse retourner, sans cesse changer, pas de chargeur trois vinyles :]. Ces disques que l'on ne peut mettre en pause [ : ) ], ces disques souvent gondolés par le temps et l'usage, ces disques qui ont vécus et qui ne cessent de faire s'élever et s'abaisser l'aiguille dans une danse irrégulière et amusante, selon leur histoire, leurs chuttes, leurs prêts à des mains peu soigneuses. Que dire aussi de leurs pochettes, tout de papier fragile, imprimées follement.

Non, on n'écoute pas, on entends pas, donc, un disque vinyle comme on entend un MP3, croyez moi.

[ Pour l'image, j'ai choisis quelques uns de ces vinyles que l'on ne peut pas ne pas avoir : ) ; merci à Mr W pour la retouche de l'image d'origine ]

# Posté le mardi 10 avril 2007 18:11

Modifié le mardi 10 avril 2007 22:10

[ nOctambulisme ]

[ nOctambulisme ]


























[ * ] Lundi soir, ou Mardi matin, 3.00 AM, après avoir raccompagné Miss A, je suis passé devant le frais Mitico, australian Bar, excusez du peu. Service au comptoir, comme en Australie, bonsoir. Ravalez votre joie, j'ai une gueule d'enterrement et non vous n'aurez pas de petit chocolat avec votre café. Vous voulez augmenter le son de la musique ? Faites, faites, je la bloque. Je vais faire un tour aux toilettes, pardon, avec l'ouvrier qui ne cesse de se trimbaler un robinet à la main. Une cuillère à glaçon, ça existe, ça ? Je me fais percer le nombril cette après-midi, les gars, ça vous dit de sécher ? Juste pour venir sans LA voir.


[ * ] Lundi soir en passant devant le Mitico, au nom déjà pitoyable, j'ai eu cette envie de taguer que La serveuse ressemble à un kangourou. Juste pour faire raccord avec l'ambiance. Et comme je n'avais pas de bombe à taguer, J'ai juste pissé sur leur vitrine, à 3.00 AM.
Et cette fois c'est toi qui nettoiera ma petite coquine : ]

# Posté le mardi 10 avril 2007 19:41

Modifié le mardi 10 avril 2007 22:40